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sur 5

La théorie du film de Laurent Firode est simple : un acte jugé quelconque ou dérisoire est peut-être à l’origine de grands bouleversements. Par exemple, on dit que le battement d’ailes d’un papillon pourrait engendrer un cyclone. C’est à se demander si l’on n’a pas provoqué la mort de Lady Di en s’arrachant un poil de couille. Mais rassurez-vous, les cataclysmes attendus ici ne sont que d’ordre amoureux, Le Battement d’ailes… enchaînant les petits riens et leurs inévitables conséquences afin de rapprocher Irène (Audrey Tautou) et Younès (Faudel), deux êtres faits l’un pour l’autre. Pendant 1h30, un tas de personnages secondaires vont donc participer malgré eux à la rencontre finale et attendue, qu’il s’agisse d’un pickpocket, d’une vigile ou d’un jeune homme effacé et mythomane.

Tout ça pour ça ? Oui, mais davantage encore, car Laurent Firode est également un grand spécialiste du glauque. Ses créatures n’ont pas toujours des gueules faciles, sont plus ou moins désespérées, et accumulent les merdes jusqu’au bout, du genre « le malheur des uns fait le bonheur des autres ». Et le réalisateur de forcer le trait à l’aide de situations bien gênantes et de gros plans peu flatteurs, sa vie parisienne prenant alors la dimension d’un enfer quotidien fait de boulots avilissants, de sentiments contrariés et de misère permanente. Un point de vue qui serait acceptable si Firode ne se complaisait pas grossièrement dans la bêtise et le malheur humains, jusqu’à donner l’impression d’un film irréel où les personnes les plus sensées se retrouvent ivres mortes au comptoir des bistrots. Dommage pour Audrey Tautou, très convaincante même dans un rôle tout en retenue, ainsi que pour Faudel, dont la cinégénie est évidente et qui fait preuve d’un certain naturel pour sa première apparition sur grand écran. Les fans se consoleront avec la chanson (plutôt ratée) du générique de fin interprétée par l’artiste et nommée comme il se doit Signe du destin. En espérant que lesdits signes guident désormais l’interprète de Tellement je t’aime vers de meilleurs auspices cinématographiques.

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