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2
sur 5

En cette période estivale où l’on nous propose essentiellement les fonds de tiroir des productions américaines, sort sur les écrans une comédie française, se trouvant certes à des années lumières des trois inepties récentes (Folle d’elle, Bingo et Le Clone). Pourtant, La Mort du Chinois ne semble que partiellement atteindre le but affiché. Jean-Louis Benoît a essayé d’insuffler à son nouveau film un rythme soutenu proche de celui de certaines de ses mises en scène théâtrales, comme Moi de Labiche ou Les Fourberies de Scapin de Molière, toutes deux présentées à la Comédie-Française. Mais comme au théâtre, un rythme juste ne suffit pas, la réussite d’une réalisation repose aussi sur des personnages. Il apparaît que le passage du théâtre au cinéma reste une opération périlleuse et certaines séquences du film sont littéralement mises en scène comme on aurait pu le faire dans un théâtre. « Les Folles journées » aurait d’ailleurs pu être le sous-titre de ce film qui met en scène un auteur d’ouvrages pour enfants, déprimé par le départ de sa femme avec un Chinois.

Dès les premières minutes du film, il apparaît clairement que le principal défaut réside dans le choix d’attribuer le premier rôle à José Garcia. Acteur cabotin, sûr de lui, grimaçant… on ne sort pas forcément indemne de plusieurs mois de numéros auprès de Karl Zéro. L’erreur de distribution est mise en relief par la justesse des comédiens de second plan, notamment Denis Podalydés, l’ami et le confident du héros, qui interprète un rôle riche de comédien de théâtre, en partie émasculé quelques jours avant la première représentation de Don Juan. On se met à rêver à une inversion des rôles entre Podalydés et Garcia, les deux se trouvant de fait à contre emploi.

On sent chez Jean-Louis Benoît le souci de mélanger les genres, de multiplier les rebondissements, de complexifier les personnages secondaires. On assiste en effet, à une comédie pure, mêlée de contes animaliers, de drame et de quête philosophique. L’évolution psychologique du personnage interprété par José Garcia ressemble du coup à un parcours truffé de rencontres insolites et de questionnements existentielles. Ces insufflations volontaristes nuisent finalement au film, efficace par moment grâce à un comique classique de situations drôles, mais plutôt raté dans le propos général du film.