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sur 5

Comédie diététique autoproclamée, J’ai faim est le premier long métrage de Florence Quentin, la scénariste des films d’Etienne Chatiliez. Si le binôme Quentin/ Chatiliez est à l’origine du désormais classique « Lundi, c’est ravioli » de La Vie est un long fleuve tranquille, les débuts de semaine solos de Florence Quentin sont, eux, beaucoup moins appétissants et riment cette fois avec yaourt, carotte ou concombre… Lily (Catherine Jacob) vient de se faire plaquer et pour reconquérir son mec Barnabé (Yvan Le Bolloc’h), elle sort la grosse artillerie. Méthodes de guérilla pour pourrir la vie de la supposée maîtresse (vol de Filofax, saturation de la messagerie de son portable…) et surtout régime draconien. Draconien, le mot est faible car la méthode employée est du genre monomaniaque : un seul aliment par semaine… mais à volonté.

Eliminer une rivale, éliminer sa culotte de cheval, c’est à un véritable parcours du combattant auquel nous convie Florence Quentin. Pas besoin d’être devin pour connaître sa cible : l’insidieuse tyrannie de la presse féminine, ces magazines qui ont une fois pour toutes décrété qu’au-delà du 36 fillette on s’apparente à un bibendum. Mais au lieu de la promise attaque en règle des diktats de l’apparence, la réalisatrice ne nous offre qu’une comédie light destinée avant tout à ses copines (de préférence celles habitant rive gauche…). Surtout, son film grossièrement mené n’arrive jamais à trouver l’équilibre. Soit c’est trop léger et on se dit qu’on se contrefout du malaise existentiel de ses bourgeoises en quête de la recette miracle pour rester éternellement jeunes, soit c’est carrément indigeste (presque aucun mec ne s’en sort indemne, ils sont au choix égoïstes, lâches, veules, ou tout à la fois dans le cas d’Yvan Le Bolloc’h) et on se dit que la réalisatrice a un compte personnel à régler avec le mâle en général. Une fois de plus, maigre consolation, on se rabat sur les comédiens, enfin surtout sur la toujours impeccable Michèle Laroque et sur les gloussements « jacobiens » dont décidément on ne se lasse pas. J’ai faim, c’est beaucoup d’anorexie pour rien.

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