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2
sur 5

Le ressort de cette comédie anglaise à la sauce pakistanaise tient entièrement dans un dispositif assez primaire qui fonctionne par contrastes. Le stratagème consiste à organiser une confrontation brutale entre culture occidentale et culture musulmane par l’entremise d’une famille mixte de six enfants dont le père est paki et la mère anglaise. Fruit de ce processus un peu trop schématique pour atteindre une ampleur vraiment intéressante : un face-à-face entre modernité libertine et tradition castratrice. Pourtant, l’absence de prétention moralisatrice et le traitement presque exclusivement ludique du sujet permettent au film d’éviter d’enfoncer des portes ouvertes (les méfaits de l’intégrisme religieux) avec un outil douteux. Du coup, grâce à cette approche, le réalisateur peut mettre en place un univers sympathique peuplé de personnages typés mais sans exagération, et finalement dotés d’une dose suffisante d’humanité. Le plus remarquable d’entre eux, le cadet des enfants, gratifié d’un halo de mystère, ne quitte jamais sa parka afin de pouvoir se réfugier dans sa capuche. Cet individu se trouve d’ailleurs à l’origine du meilleur plan du film, tourné en caméra subjective, dans lequel on aperçoit l’animation de la rue du fond de cet abri.

Malheureusement, cette petite population est bien trop figée pour ne pas ennuyer. Et là où le réalisateur parvenait à échapper à l’aspect socialement réducteur du sujet, il cède devant la force de son entropie. Car son orientation univoque prive cette histoire d’un oxygène indispensable pour éviter l’asphyxie. Le père de la famille tente d’imposer une ligne de vie religieusement rigoureuse avec circoncision et mariage arrangé. Tous les événements gravitent autour des tensions qui résultent de l’épreuve de force qu’il engage avec des enfants réfractaires à ce mode de vie. On tourne donc en rond, sans qu’aucune trouvaille visuelle ou pirouette de scénario ne viennent nous sortir de cette morne routine. Dans le même temps, un rythme peu enlevé nous emporte insensiblement vers une léthargie paresseuse, et on attend en vain le pétard qui secouerait la fourmilière.