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sur 5

Une surprise, à la lecture du titre : Espion mais pas trop ! (The In-laws en v.o.), originale tentative de traduction là où un bon vieux « Espion… mais pas trop », avec ses points de suspension tellement suspensifs qu’on en rigole déjà, semblait davantage de circonstance. Mais ce « … mais pas trop », qui fait signe vers l’incompétence des personnages, on a bien dû le voir une bonne centaine de fois. Gardons-là précieusement, cette proposition alternative, c’est la seule audace de cette comédie d’action (… mais pas trop), qui voit Michael Douglas camper un espion international, activité secrète masquée par une profession alibi -VRP en photocopieurs. Alors qu’il doit marier son fils, le voilà en pleine embrouille dans une affaire de trafic d’armes où il affronte le méchant du film, un Français (c’est désormais un usage bien établi dans les films seconde zone hollywoodiens) à forts penchants homosexuels (soit une deuxième anomalie que les scénaristes de ce genre de produits affectionnent). Dans ses aventures, il embarque contre son gré le père de la mariée, aimable podologue flanqué d’une banane, obligé de délaisser ses patients aux pieds pourris pour courir le monde à bord du jet privé de Barbara Streisand. Le « … mais pas trop », c’est lui.

Tout cela est nul, évidemment : un sac de gadgets piqués dans les scènes coupées de Espion et demi (autre gentil navet de la même espèce avec Eddie Murphy et Owen Wilson ; autre titre du même acabit, appartenant au même champ lexical que l’opus qui nous occupe présentement), un peu de pitié -mais pas trop- pour Michael Douglas venu cachetonner et faire trois roulades avec l’énergie du jeune Derrick (celui des années 70). C’est tout ce qu’il y a à voir, à ressentir. C’est tellement nul et cheap que le film attire une sorte de sympathie molle, un vraie petite indulgence. Remake de The In-laws d’Arthur Hiller avec Peter Falk, ce gentil film-patate se presse de passer sur nos écrans avant d’aller prendre la poussière sur les étalages des vidéo-clubs. Donc, pour le voir, il faut se presser « … mais pas trop » (on ne s’en lasse pas).

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