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2
sur 5

Le mélo hollywoodien n’a pas encore rendu l’âme. Doit-on pour autant s’en réjouir ? Au vu de Ciel d’octobre, la question s’avère délicate. Basé sur des faits réels -ce qui cautionne toute liberté romanesque prise avec les événements-, le film de Joe Johnston narre la destinée de Homer Hickam, adolescent passionné par la conquête spatiale depuis que Spoutnik a survolé sa ville. Mais, en cette année 1957, la jeunesse de Coalwood (en Virginie) est condamnée à travailler à la mine, à moins de décrocher une bourse grâce au sport ou… au premier prix de la Foire Scientifique d’Indianapolis. C’est pourquoi, encouragés par leur professeur de physique, Homer et ses potes vont s’ingénier à construire une fusée dans l’espoir d’échapper au charbon. Entre la sévérité d’un père, les difficultés financières et les incompréhensions multiples que leur entreprise suscite, le happy end n’est pas gagné d’avance…

Travail, persévérance, éducation, amitié infaillible : Ciel d’octobre prône les valeurs fondamentales des Etats-Unis avec une croyance indéfectible. Adopter une morale saine, c’est s’ouvrir grand les portes du rêve américain. Rien dans le film ne vient contrarier cette conclusion quelque peu naïve, voire anachronique. L’enseignante (Laura Dern) se sent investie d’une véritable « mission » ; le père d’Homer, malgré ses premières réticences, finit par être fier de son fils ; les habitants de Coalwood sont tous derrière les jeunes héros ; etc. Un déluge de bons sentiments ayant tout pour exaspérer mais qui, mystérieusement, trouve une sorte de cohérence à travers son optimisme éperdu, sa foi désuète en une humanité foncièrement juste et bienveillante. Soutenues par une mise en scène sobre et carrée (en d’autres termes, académique mais efficace), les aventures d’Homer ont beau cumuler les chantages affectifs (on notera une maladie incurable s’ajoutant in extremis au pathos de l’ensemble), elles n’en demeurent pas moins touchantes. Ciel d’octobre confirme une fois de plus que les vertus lacrymales légitiment tous les violons du monde…