Cinéma, Musique, Jeux vidéo, Livres, BD... discutez de l'actu sur les Forums Chro tout de suite maintenant. A vous.
Twixt | The Avengers | Cloclo | Sur la piste du Marsupilami | Young Adult | Bellflower | Nouveau départ | Les Adieux à la reine | Battleship | Bye bye Blondie |
© Les Éditions Réticulaires, 1997-2010
Tous droits réservés
Dans Moonrise kingdom, un jeune scout orphelin croise une petite fille riche et mélancolique et leurs coeurs battent d'un seul mouvement qui les conduit à fuguer dans une Americana de poche... Et c'est bien ? Hum, pas sûr. Comme chaque année, la team Chro est sur la Croisette, Cannes 2012 !
« Un homme, une femme, de l'air« : cette réplique d'un personnage de « The Day he arrives » pourrait résumer la direction actuelle du cinéma de Hong Sang-Soo, qui donne peu à peu l'impression de vider ses films de tout ce qui pourrait entraver ce trio magique...
L'imaginaire samuraï déculotté, et humilié sur la place publique : c'est a priori l'argument satirique de « Saya zamuraï », plus jusqu'au-boutiste dans cette veine qu'un « Zatoichi ». Mis à part l'héritage pitre et féroce de la scène comique japonaise (Matsumoto est un ancien trublion de la télé, comme Kitano), il y a d'ailleurs peu en commun entre les deux précieux bibelot...
La gueule carnassière de Rutger Hauer, coiffée d'un bonnet de gueux bien décidé à nettoyer sa bourgade au Winchester : il faut savoir garder son discernement devant une si douce promesse faite par cet « Hobo with a shotgun », à plus forte raison si elle est estampillée Grindhouse.
Dans ce festival de torses et de nombrils mouillés que nous offre « Street dance 2 », on n'est pas ailleurs que dans la boulimie clipesque, constamment suspendus à l'attente de la danse qui arrive. C'est dans cette optique du « clip d'après » que le film se regarde et s'apprécie, et difficilement autrement.
Boui-boui, boucherie et bordel, on est aux trois dans « The Theatre bizarre », c'est la tournée des magasins, l'happy hour crapuleuse. Avec un tel programme, on se sent moins spectateur que visiteur, ou client.
Epouvante en bois sur fond d'achalandage vintage, de petite sociologie du kitsch, voilà donc le programme de « Dark shadows », qui renvoie directement au Burton des années 90 - et surtout à « Edward au mains d'argent », dont le film est une sorte de remake inversé.
« Chercher le garçon » est une amusante distraction, légère et complètement anodine. Réussie, mais dans le genre strict du sketch télévisuel. Sur la base des rencontres régulières, le film met en place une épure plutôt efficace, le dispositif (certes pas risqué) est implacable, les effets drolatiques garantis...
C'est à l'évidence le même Caouette que l'on retrouve huit ans plus tard, après l'émouvant « Tarnation », embarqué dans un road-movie avec sa mère psychotique, sujet-fardeau de son oeuvre. Hélas, « Walk away Renée » s'affiche plus comme un appendice, dont la nécessité ne saute pas franchement aux yeux.
Près de dix ans après son troisième volet, la saga en pantacourt du tournant 90/2000 foule les plates-bandes de nos Klapisch ou Esposito, faisant sien le crédo des accolades nostalgiques entre vieux copains de lycée, partis fouiller leurs souvenirs le temps d'un week-end couillu...
Attention, la cabane du titre n'a rien du « Rubik's cube » de l'horreur que l'affiche laisse attendre, pas d'aberration à la Escher, de labyrinthe en planches : c'est un simple décor à la dérive, poussé au hasard des brises tournantes du scénario...
Révélé il y a douze ans avec « Contrôle d'identité« , Christian Petzold, dont le nouveau film, « Barbara », sort en salles, fait partie des aînés et des plus doués de cette génération de cinéastes dits de « l'école berlinoise », qui ont placé haut la barre du cinéma allemand. Chronique du film + entretien avec le réalisateur.
Pour les fans, ce n'est pas le moindre des cadeaux : un panier garni de super-héros, tressé du plastique dont on fait les figurines et les rêves des petits garçons, et déposé pour eux comme une récompense au bout du chemin où, d'un blockbuster l'autre se précisait leur fantasme d'une pareille apothéose.
« Tyrannosaur » (multi-récompensé en Angleterre) raconte, donc, une poignante histoire de rédemption dans une banlieue de Glasgow. Un film coup de poing, mais littéralement, puisqu'on y distribue les coups avec le timing d'une battle de « Mortal kombat ».
A vieux chats, vieilles litières : tout le film se roule en boule, macère dans son jus, somnole sur ses histoires familiales faisandées et ses à peine distrayants crêpages de chignons. On s'accroche à l'espoir de voir le drame survenir, et, malheur, c'est quand il advient qu'on touche le fond...
On a vu souvent Europacorp chasser sur les terres de genres très codés, très datés, pour en ramener des trophées plus ou moins glorieux. Manquait encore l'opus inspiré qui ose empoigner ses références avec ludisme, sans posture second degré de petit malin. C'est le cas de « Lock out ».
Pleine de personnages vertueux et d'enfants choupinous promis à la récompense d'un happy end extatique, nappée à la louche de musique lacrymale de stade, la recette 100% positive de ce cupcake sentimental est fortement déconseillée aux diabétiques. Dommage pour eux, ils passeront à côté d'un beau film, d'autant plus émouvant que son extrême sentimentalité ne s'avance pas masquée.
Ce n'est que son deuxième long métrage, et pourtant « L'Enfant d'en haut » marque déjà cruellement les limites du cinéma d'Ursula Meier. Celles d'un système dramaturgique, qui pouvait séduire partiellement dans « Home », et qui consiste à couper le récit en deux parties bien repérables.
« L'Amour et rien d'autre » se présente ainsi comme sur une sorte de variation féminine sur « Vertigo », mais un « Vertigo » dont on aurait tordu le scénario de hantise pour redistribuer la morbidité (aimer un mort à travers un vivant) en vitalité (poursuivre ses projets, voir l'amour comme une série de passages de relais).
Rinaldi apparaît deux fois au milieu de la fête, mais derrière les platines, son visage concentré sur le prochain morceau à passer. Signature un peu superflue, tant « Cap Nord » est envahi par ses goûts : visages aimés de ses amis, romans qu'elle lit, musique qu'elle collectionne, passion pour la comédie musicale qui est l'origine et l'horizon du film.
Du 22 mars au 1er avril 2012 s'est tenue la 34e édition de Cinéma du Réel, indispensable festival de cinéma documentaire auquel « Chronic'art », comme tous les ans, était convié. Compte-rendu.
Helena, jeune femme au foyer dont le mari vient d'être licencié, décide de monter son affaire : elle ouvre une supérette et engage une nurse qui vient prendre la relève à la maison. « Trabalhar cansa » vit au rythme de ces rapports hiérarchiques et conjugaux sans cesse menacés d'implosion par les exigences économiques.
On ne va pas se moquer : c'est très précisément de son absurdité profonde que « Battleship » tire l'essentiel de son intérêt. Otez-lui sa dimension ludique, cette espèce de premier degré et demi, et le bidule de Peter Berg coule corps et âme, entraîné vers le fond comme n'importe quel blockbuster pachydermique...
« Nana », c'est l'histoire d'une grosse machine sociale, agricole, naturaliste, et d'une toute petite chose vivante déchiquetée par cette machine. La chose vivante est une fillette de 4 ans. Autour d'elle, un tableau paysan glauquissime : du sang qui gicle d'un cochon qu'on égorge, des champs nus, de la lumière froide, un labeur incessant et surtout, une mère terrible, inclémente et brutale...
Eternelle jeunesse de Coppola. Après l'éblouissant « Tetro », le maître revient avec « Twixt », et, plus que jamais, ose tout. Mais pas n'importe quoi : dans le laboratoire délirant où il s'est retranché depuis trois films, et d'où il tire ici une formule aussi géniale qu'incongrue, se continue le trajet limpide d'une inspiration qui n'a jamais dévié de sa route.
Comment l'onanisme d'un chihuahua devient-il le clou humoristique d'un film d'Alain Chabat ? On barbotte bel et bien dans le premier degré d'une gaudriole franchouillarde dont Chabat, en d'autres temps, avait pu représenter l'antidote, et à laquelle il semble s'accrocher ici comme à une bouée de sauvetage...
Bien qu'assez anodins, les deux premiers « REC » se dotaient d'un dispositif ludique et suffisamment cache-misère pour camoufler l'indigence Z de leur scénario, entaché de bondieuseries fumeuses et autres breloques satanistes. Surprise, donc, de voir la série de Balaguero / Plaza (seul aux commandes cette fois-ci) opérer, avec ce troisième épisode, un rétropédalage total face à son concept...
[20.04.12]