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© Les Éditions Réticulaires, 1997-2007
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Eastern plays est dédié à l'ami de Kamen Kalev (lire notre entretien) et comédien principal, Christo, pour qui il entretient la mémoire à travers son double fictif, bouleversant de mélancolie. Le réalisateur avoue être épuisé et angoissé par la promotion du film, qu'il accompagne depuis un an, lorsqu'il avait été découvert lors de la Quinzaine des Réalisateurs.
Superproduction française starring Gad Elmaleh et Jean Reno, gratifiée de l'assentiment de notre ancien président dans les colonnes du "JDD", "La Rafle" propose d'explorer le côté nounours de la Shoah. La proposition est osée mais on était préparé (une affiche et une bande-annonce, inouïes toutes les deux). Au secours.
Un peu sorti de nulle part, "Amer", de Hélène Cattet et Bruno Forzani, étrange litanie plastique autour des puissances du giallo italien, détonne dans le paysage des premiers longs français. Belle découverte.
Difficile de définir en quelques lignes à quoi ressemble l'oeuvre d'un cinéaste comme Allan Dwan, quand celui-ci a plus de 400 films à son actif, qui a commencé dans le muet, filmé les grandes stars d'alors (Gloria Swanson, Douglas Fairbanks) et dont on voit, avec ce coffret, la queue de comète...
Pour faire vrai, authentique, pour que le moindre détail "sente le vécu", tout le monde a "bien bossé". "Crazy heart" est le contraire de "Black snake moan", émanation démesurée d'un blues électrifié.
Une triplette de quinquas en mal d'amour s'élance en DS sur les routes départementales : difficile de trembler de désir à l'annonce d'un pitch doux-amer dévolu à gonfler d'aise les lectrices de "Madame Figaro"...
"Nine" apparaît moins comme le remake d'un film de Fellini (en l'occurrence "Huit et ½") que celui de l'Italie des années 60, celle du miracle économique et de "La Dolce vita". Dépourvu de toute veine carnavalesque et de toute bizarrerie, le film n'a qu'un objectif : "faire cinéma". Dommage, on s'est grave fait chier.
Après avoir épuisé ses réserves en sang humain, une civilisation de vampires est confrontée au déclin. La crise mondiale vue et corrigée façon "Twilight", en voilà une bonne idée que triture "Daybreakers" avec un sérieux pachydermique et une pauvreté stylistique digne du PIB du Bangladesh.
A priori, "Precious" a tout pour nous déplaire : pluggé sur l'imaginaire empesé d'un certain ciné indie se contentant de prendre le contre-pied d'Hollywood, le film de Lee Daniels est ce qu'on appelle avec une certaine horreur une bête de concours...
Le mystère des films de Darielle Tillon, ce qui en fait le prix, c'est cet équilibre extrêmement ténu, trouvé entre ce qui est narratif et ce qui ne l'est pas, entre ce qui est rassurant et ce qui est inquiétant, entre ce qui est maîtrisé et ce qui est informe, entre ce qui tient sur ses jambes et ce qui divague.
Le malaise après projection de "La Reine des pommes" s'explique-t-il par son ingénuité aux yeux de biche ? Rares sont les films disposant d'autant de bonnes intentions, voire de volontarisme à disserter sur les charmes désuets d'un romantisme un peu godiche...
De la veine mélo-social en milieu ouvrier, "La Tisseuse", du chinois Wang Quan'an, se dégage peu à peu du lot grâce à la délicatesse aiguisée de son écriture, un raffinement élevant sa petite normalité néoréaliste.
Depuis vingt-cinq ans, Tom Ford dirige des campagnes de publicité pour l'industrie de la mode, impose et distribue l'image des marques (Gucci, YSL, maintenant la sienne). Son premier film a permis à Colin Firth de recevoir, au dernier festival de Venise, le prix d'interprétation masculine.
Jusque dans ses plus obscurs nanars ("Je suis né d'une cigogne", "Exils"), le côté bon bougre du cinéma de Tony Gatlif nous reste sympathique. Mini-Kusturica patrimonial, le manouche du cinéma français fait un peu partie des meubles, comme on dit.
Le nouveau Martin Scorsese commence bien. Il commence en mer, une mer noire et sans horizon qui rappelle Le Vaisseau fantôme de Mark Robson et qui, sur le bateau qu'elle chahute, soulève le coeur de Di Caprio... Verdict.
En 2005, le documentaire "Babooska" s'attachait au quotidien modeste d'un cirque et de sa troupe qui sillonnaient l'Italie. Covi et Frimmel reprennent aujourd'hui un matériau similaire, mais sous les augures inédites de la fiction...
"White Lightnin'", outre ses allants de méthode Assimil en mortification, rejoint les gestes dont le mantra ne se résume qu'à promouvoir le dérangement et l'outrage. Et de relancer un débat vieux comme Hérode : la position des détracteurs comme celle de la frigidité face à la subversion avant-gardiste...
Forme de rupture avec l'ensemble des oeuvres passée du polonais Andrzej Ward, "Tatarak", dont les premières images résonnent comme un écho maîtrisé et coloré au "Stalker" de Tarkovski, sonne un peu comme un craquement, une faille, un corps qui s'effondre...
Nonchalance colorée, design finement tricoté : avec "Fantastic Mr. Fox", la formule Wes Anderson reste sans concurrence. A part, peut-être, le rayon jouet du Bon Marché. Déception.
"Hors de contrôle" porte mieux son titre français que son sobriquet originel, "Edge of darkness", en ce sens qu'il adopte plus justement le mouvement général du film, dicté par les impulsions déglinguées de Mel Gibson, bras armé vengeur et suicidaire.
Là où une comédie véritable supposerait un rythme, une fluidité, des acteurs capables d'outrance et de mimiques, Cristian Jimenez choisit la solution de facilité et fige ses trouvailles dans une série de saynètes compassées.
Chronic'art #63 - Gonzo Naulleau JP Nataf + Jason Edwards + Declan de Barra + Little Ball Room + La Fonta à Mains d'Oeuvres The Dodoz au Nouveau Casino Dixon + Ame au Regine's
[02.02.10]