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© Les Éditions Réticulaires, 1997-2007
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Une bonne part des personnages garreliens sont des spectres. Avec "La Frontière de l'aube", pour la première fois, le spectre est vivant, et, comme dans un film fantastique, il revient pour engloutir le héros.
Pacino et De Niro jouent ensemble, encore, ici en duo comme Chevalier et Laspalès ou Rox et Rouky. La preuve, ils traînent dans des polars de troisième zone, genre le dernier film de Jon Avnet.
Drôle d'idée, une idée stimulante venue d'outre-Manche : refaire, encore, un survival type "Delivrance", mais en substituant aux péquenots adultes des péquenots pré-pubères.
Aujourd'hui objet de railleries à cause de procès à répétitions, ce coffret Brisseau vient rappeler à quel point le cinéaste de "Noce blanche" est surtout l'un des personnages les plus importants du cinéma français de ces trente dernières années.
"Vicky Cristina Barcelona" est, dans l'oeuvre inégale de Woody Allen, un bon cru. Le New-Yorkais, qui le temps d'un film s'est improvisé barcelonais, a atteint, depuis "Match point", une sorte de classicisme de mise en scène qui contraste avec les affèteries de pas mal de ses précédents films.
Même si le retournement final émeut in extremis, impossible de ne pas se souvenir que, sur un pitch équivalent, Shyamalan avait shooté "Phénomènes". Un bijou théorique qui ne limitait pas ses propositions esthétiques à un décorum laiteux, comme ici.
"L'Assaillant" tient la route une heure durant, et comme il dure 1h07, on en conclura que la fin est ratée, s'offrant une pirouette facile qui trahit surtout une défaillance, une idée pour achever le récit qui n'est pas venue.
Modeste et bien troussée, cette petite série B se coltine le plus casse-gueule des sujets en slalomant entre les écueils. Le talent économe de Neil LaBute fait le reste.
On connaît trop l'horreur de la comédie de moeurs de chez nous pour ne pas saluer un minimum le petit tour de force du film de Josiane Balasko, qui s'avère plutôt regardable. Mais oui !
"Go fast" roule en direction du polar friedkinien pour s'écraser, ramené par un violent vent contraire, sur le mur télévisuel qui l'a vu démarrer sa course. Nouvel épisode de l'impitoyable Charles-Villeneuvisation du polar à la française.
Bonne surprise que ce film de Martin Provost dont on aurait pu à bon droit se méfier : biographie de peintre, dans une France reconstituée, avec performance d'actrice à la clé.
La question de la loi, la mort de la Frontière, la civilisation qui redistribue les cartes, l'amitié virile et hawksienne, tous ces motifs archi-classiques passent au tamis sobre et délicat du film, filtrés par le regard de Harris, dessinant Appaloosa en épatante série B échappée de la fin des 50's.
Il suffit de voir un énorme Fabrice du Welz s'étaler sur toute la surface de l'écran pendant le générique pour situer les enjeux de "Vinyan" : un énième simili-film d'horreur à la française dans lequel un cinéaste plus anonyme que le dernier des réalisateurs de direct-to-video hollywoodien joue à se déguiser en John Carpenter.
Après des films plutôt théoriques et un peu chargés en concepts, Bertrand Bonello signe une oeuvre qui revendique une ligne simple pour conduire à l'excès et à la dépense dionysiaque. La folie n'habite pas le récit d'emblée, elle le gagne peu à peu.
L'époque fantasmée, l'esthétique en carton, les acteurs du cru, le bal costumé, les ritournelles, tout participe de cette impression de point-limite du genre et nous plonge dans les tréfonds d'un Paris d'Epinal maquillée en pub pour assurances.
Petit film au pitch inquiétant... Or, comme teen movie labellisé Sundance (il y a remporté le prix du public cette année), "Wackness" de Jonathan Levine est sûrement ce qu'on a vu de plus sensible et intelligent depuis longtemps.
Si le style de Bela Tarr est reconnaissable, imposant son extraordinaire aisance à produire du plan-séquence comme un autre enchaînerait les perles, l'univers abordé ici occasionne une rupture atmosphérique assez troublante.
Les carrières US de Jet Li et Jackie Chan sont entrées dans leur phase terminale. La pantalonnade se poursuit cette semaine - et en choeur cette fois - avec "Le Royaume interdit" de Rob "Stuart Little" Minkoff.
La Palme d'Or 2008 gentiment offerte par Sean Penn et la terrible épidémie de débats, dossiers, leçons tirées-données qui ne manquera pas d'en accompagner la sortie, risquent fort d'éclipser "Entre les murs" sous son sujet : l'école. Et la République. Et ses enfants. Et sinon, il vaut quoi le film ?
Durant cinq mois, Oren Nataf et Isabelle Friedmann ont posé leur caméra dans les locaux de feu l'émission "Y a que la vérité qui compte", ex-diva de l'audimat sur TF1. Il en résulte "20 minutes de bonheur". Chronique + entretien.
Daniel Leconte restitue les faits, le contexte politique (plutôt parisien), les prises de position des acteurs du moment sur la liberté de la presse, le rôle de la caricature, la place de la religion, la menace de l'intégrisme. Le film est cependant le récit d'une victoire sans combat.
Chronic'art #49 (en kiosque) : au secours, voilà les néo-blogueurs ! City Shakers au Glazart : Sinny & Ooko Le Lacéré anonyme, de Jacques Villeglé Denis Robert à la Galerie W.
[10.10.08]