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Une couverture, ça se grille. Il suffit de décrypter le titre, comme on démonte un meuble scandinave en se servant d'une encyclopédie libre qui dit oui.
Oxymore. Etrangeté, le verbe occire ne se conjugue pas aux temps simples. Bizarrerie,
son participe passé, seule forme possible, donne à penser qu’on est toujours
déjà tué - Sein und Zeit - de sorte que la mort dans autrui n’est jamais présent(e). Thanatos qui se branle est alors,
abstinence oblige, le quatrième mousquetaire de l'Apocalypse. Curiosité, un
occis mort n'est pas un oxymore. Mieux vaut ainsi ne pas appeler un shah comme
on appelle son chat.
Il se trouve d’ailleurs qu’en anglais, on dit oxymoron, ce qui peut vouloir dire « blaireau d’occidental ». Ou désigner un connard drogué à l'oxycodon, même et surtout s'il a le cancer. Singularité, la maladie fait disparaître la connerie, et la mort les conneries - sauf à entrer dans la légende. Par conséquent l’oxymoron (argot) n’est pas un oxymoron (figure de style), pour la double raison qu’un enfoiré de cancéreux se pose en oxymore obligatoire et donc imprononçable et que le mot qualifie aussi, notamment chez les joueurs de curling ghanéens (rhésus positif, à en croire les érythrocytes du petit macaque), un imbécile occidental, ce qui ne saurait constituer la moindre contradiction à visée poétique.
A ceux qui cherchent le mot « oxymore » sur la couverture du nouveau Chronic'art en kiosque, je conseille lecture moins écrite. Aux autres, je signale une rime assez riche avec Garcimore et Baltimore, plus mon intention de me seppuker aux palets bretons. Quant à celle qui m'a bien compris, l'unique imperturbée, je lui dédie cette chronique et son obscure clarté.
Enfin, la nouvelle ère qui s'ouvre ici devant l’oeil à la Greuze du pédant moyen, je la place temporairement sous le patronage du terne Joseph de Maistre, saint des buses borgnes, à la faveur d’une conclusion méchamment charitable : « Celui qui ne comprend rien comprend mieux que celui qui comprend mal ». Compris ?
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[Mai 2009]