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Une couverture, ça se grille. Il suffit de décrypter le titre, comme on démonte un meuble scandinave en se servant d'une encyclopédie libre qui dit oui.
Bis. Puisque rien n'est jamais tout noir ni tout
blanc, on vous a fait manger votre pain gris. En kiosque, la couverture même
était transparente aux yeux attentifs. Votre quarante-sixième casse-croûte –
c'est le cas de le dire – doit ainsi sa couleur, tout comme l'aliment
eucharistique frelaté (où sont les poils du charpentier ?) au son qu'il
contient, cet écho particulier de la mouture du blé (des autres). Quant au Wikéa y afférent, il
s'est paré d'un ton à l'avenant, audiovisuel au sens fort, pour ne rien cacher
que son flagrant dévoilé. Et pourtant, ça n'a pas trop raisonné dans les
chaumières.
Il a fallu que Libé et quelques autres se relèvent du poteau rose pour que l'orfraie se rêve en coq. Dès lors, qu'on y ait entendu un grésillement fautif ou quelque mélodie troublante, le numéro - polysémique en diable - a commencé de laisser à la communauté pensante un léger goût d'acouphène. N'étant pas Beethoven qui veut, nous nous devions donc de traiter la séquelle à l'anglaise, en bâclant l'affaire pendant qu'il fait chaud. Voici donc le 46 bis qu'imposait ledit pain bis.
Comme je suis en vacances et que mon précédent billet allait stakhanovissimo, je ferai court. Rien de mieux pour cela que de ressortir ma langue fourchue (bilingue est une hyperbole) de la poche où elle se terre. Dont acte.
Etrangement, quand le français choisit le latin bis, l'anglais opte pour le français encore, lequel est en l'occurrence un terme anglais qui donc signifie bis, mot français emprunté au latin et dont le sens n'est autre qu'« encore », en français. C'est un peu le même problème qu'avec shall, qui se prononce comme « châle », et non [chôle] (à la manière de ceux qui croient parler anglais), alors que « châle » se dit shawl et doit en conséquence, bien évidemment, être prononcé [chôle].
A mi-chemin des deux idiomes, il y a l'inénarrable québécois - langue grise s'il en est, que son son fait bise par sa quantité de bizarreries baroques. Or, au pays des tabernacles enneigés, bis est aussi le masculin de bise, mais le genre s'y étend au substantif. Voilà qui me permet de m'éclipser dès à présent sur un bis, sans plus de cérémonie, puisque la langue m'assure que vous en redemanderez.
Une dernière chose, à ce propos : pour savoir quand faire un bis plutôt qu'une bise à un bûcheron canadien en chemise à carreaux déboutonnée, il suffit de lire avec attention (cette fois) le nouveau Chronic'art en kiosque. Ou de s'en remettre à Saint Thomas.
Lire les Wikéa des Chro :
#42 (02.08)
#43 (03.08)
#44 (04.08)
#45 (05.08)
#46 (06.08)
#48 (09.08)
#49 (10.08)
[Novembre 2008]