Mission : impossible - Protocole fantôme | Take shelter | Millenium : les hommes qui n'aimaient pas les femmes | A Dangerous method | Hugo Cabret | J. Edgar | Le Havre | Le Marin masqué | Il n'y a pas de rapport sexuel | L'Amour dure trois ans
© Les Éditions Réticulaires, 1997-2012
Tous droits réservés
Sommaire | Abonnement

Une couverture, ça se grille. Il suffit de décrypter le titre, comme on démonte un meuble scandinave en se servant d'une encyclopédie libre qui dit oui.
Evangile. Ils sont bizarres, ces mots bibliques, à désigner des choses dont ils n'ont pas vraiment le sens. Quand je vous dis apocalypse, vous pensez fin du monde, plaies d'Egypte, champignon atomique ou encore Brando d'avant Jabba le Hutt. Etymologiquement, pourtant, il s'agit d'une révélation, voire d'un strip-tease planétaire à portée cosmogonique. De la même façon, on n'est
sans doute pas nombreux à se douter que l'évangile est avant tout une « bonne nouvelle », en grec (euangelion) et dans les langues qui en découlent, dont le provençal (evangeli), en particulier si l'on songe à la Ferme - qui se prononce alors comme une injonction - ou bien au regrettable Vangelis.
J'enfonce le clou et je vous dis gospel. Immédiatement, vous visualisez deux ou trois rangées d'Afro-Américains ravis, déguisés en oeufs de Pâques, qui chantent Happy days pendant au moins deux heures et quart. Sauf qu'en anglais, justement, le mot veut dire « évangile ». On notera au passage que dans sa forme développée, god spell, qui était une bonne nouvelle jusqu'au XIIIe siècle, signifie aujourd'hui, littéralement, la parole de Dieu (le glissement sémantique est quand même troublant).
Or, s'Il était anglais, on peut imaginer que l'Etre suprême resterait précisément sans voix face à son reflet - je n'ai pas dit son image - puisqu'Il y verrait un chien couinant au moment d'uriner sur un arbre, à des fins écologiques : God is dog spelled backwards, comme on dit en perfide Albion. Pire, s'Il était furieusement torché, notre Père pourrait aller jusqu'à se croire agenouillé devant une boucle de ceinture Dolce & Gabbana - le fameux D&G en strass - prêt à recevoir en bouche l'ostie profane de quelque défroqué portant pistol.
Mais revenons à l'évangile, qui recèle à lui seul la première femme, un ange et une île. L'association libre à la mode freudienne, dans mon esprit déconstruit, produit fort opportunément une pomme, Gabriel (Peter, de son prénom) et un otaku. C'est ainsi que le nouveau numéro de Chronic'art en kiosque est mis à nu, sa couverture soulevée - une autre acception de l'apocalypse - et mon boulot terminé, mais n'oubliez pas que le piège est toujours dans la pomme.
Lire les Wikéa des Chro :
#42 (02.08)
#43 (03.08)
#45 (05.08)
#46 (06.08)
#47 (07-08.08)
#48 (09.08)
#49 (10.08)
[Novembre 2008]