(...) J'ai remarqué que la réalisation de Chicken run s'attardait beaucoup moins sur le sens du détail que dans les précédents films de chez Aardman. Je pense notamment à Wallace & Gromit ou Rex the runt qui fourmillaient de gags subtils dissimulés en arrière plan...

Peter Lord : Non, je ne pense pas... Enfin, il est peut-être vrai qu'il y a un peu moins de gags cachés, je l'avoue. Mais nous avons fait ce film de la même manière que les autres. Avec l'animation, on doit toujours procéder à petits pas. Ca nous laisse donc énormément de temps pour réfléchir à ce genre de détails. Pour tous nos films, nous avons toujours fait attention à l'imagination créatrice de l'ensemble de l'équipe. Les techniciens y compris puisque c'est eux qui s'occupent des décors. Les détails d'arrière plan ne proviennent pas seulement de Nick et moi, les décorateurs ont eu également de très bonnes idées de ce point de vue... Mais je suis certain découvrira de nouveaux gags s'il voit le film une seconde fois, voire une troisième fois. D'un autre côté, je dois admettre que Chicken run est mené par une logique et un comique qui se démarquent de nos précédentes oeuvres, surtout de Wallace & Gromit. La longueur du film explique peut-être ce changement. Le format du long métrage demande des impératifs de narration différents de ceux d'un court. L'absurde est par exemple moins présent dans Chicken run que dans Wallace & Gromit, c'est évident.

Peut-on effectuer un parallèle entre le scénario de Chicken run et certains aspects de la seconde guerre mondiale ? Je pense notamment aux décors, qui s'apparentent vraiment aux camps de prisonniers. Je pense aussi au rôle primordial que joue le personnage américain dans toute cette histoire...

Nick Park : Oui. Nous avons beaucoup joué avec ce thème. Il est vrai qu'il y a une atmosphère proche de celle de la Seconde Guerre mondiale dans ce film. D'ailleurs, La Grande évasion fut une de nos principales source d'inspiration... Vous l'avez peut-être remarqué, le personnage de Rocky est assez proche de celui incarné par Steve McQueen dans ce film... Nous avons recyclé beaucoup de clichés propres à la Seconde Guerre dans Chicken run, comme par exemple le débarquement des G.I.'s... Nous avons énormément joué avec ce genre de détails pour les insérer à notre manière dans l'histoire. Le rapport ambiguë qu'entretenaient les Américains et les Anglais à cette période est un thème également présent dans Chicken run. C'est un sujet épineux que nous avons voulu traiter avec humour. Par ailleurs, nous avons reçu l'aide d'un scénariste américain pour l'élaboration de l'histoire du film. Il y avait donc un parallèle amusant à effectuer là dessus...

Peter Lord : Il y a quelque chose de très important que tu as oublié de dire... Certaines convictions tournent autour de ce problème en Angleterre. Pas mal de gens ressentent beaucoup d'amertume, de ressentiment envers les Etats-Unis, d'un point de vue culturel... Dans les films comme La Grande évasion, les personnages américains apparaissent toujours comme des héros, des grands sauveurs. Tout en nous inspirant de cette référence, nous avons voulu prendre ce problème à contre-pied, notamment en faisant de notre personnage principal -qui est américain- un antihéros, un imposteur... (...)









La poule aux oeufs d'or
Entretien avec Nick Park et Peter Lord, les réalisateur de "Chicken run", premier long métrage des studios Aardman.




Les dessous de chez Aardman
Bref historiques des Studios Aardman et retour sur les productions les plus fidèles à l'esprit de l'équipe.
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Chicken run, le film


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