
Blasé Cannes, c'est plus ce que c'était. Déjà trois jours, et pas une seule vraie découverte, juste des films attendus, souvent bons (les derniers Veysset, Ferrara et Recha) mais sans surprise. Et lorsqu'on s'aventure sur des terrains plus risqués, on n'est guère récompensés, bien au contraire. La preuve avec le Marché du Film, où il y a peu de chances cette année pour que l'on tombe sur une pépite. Contrairement à l'édition 2000 (Baise-moi plus Scarlet diva), aucune bombe subversive n'était annoncée, excepté le nouveau film d'Argento père, nul à pleurer. Trop balisé tout ça. Plus de place pour les OVNIS (si ce n'est les films Troma, mais c'est, là encore, une évidence), les oeuvres déjantées sorties d'on ne sait où, les curiosités rebelles soigneusement évincées de la Sélection officielle par Gilles Jacob et ses comparses. Le cinéma mondial ressemble chaque jour davantage à une espèce de monstre normé, qui a appris au fil des ans à s'emparer de ses artistes les plus turbulents (voir la carrière de John Waters, qui, depuis quelques années, foule le tapis rouge en grandes pompes). Bref, on s'emmerde un peu, en se demandant s'il y a une vie possible pour l'underground en ce début de XXIe siècle.Yann Gonzalez
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