
Comment c'est une queue ? Chaque jour passé sur la Croisette soulève sa question, plus ou moins sexuelle, mais, quoi qu'il en soit, toujours futile. Contre toute attente, le propos d'aujourd'hui n'a que peu de rapports avec les vertus du sexe masculin et concerne plutôt les files d'attentes cannoises, sujet certes bien moins passionnant, mais qui a pourtant le mérite d'être d'actualité. Les accrédités mal lotis (dont nous sommes évidemment, presse on line oblige) doivent en effet subir tous les jours les affres des embouteillages vers les salles, qui durent parfois plus d'une heure. Que se passe-t-il au coeur de cette foule hétéroclite où distributeurs, journalistes Internet et secrétaires du maire se retrouvent gaiement, ravis de partager cette expérience quotidienne faite de stress et de sueur ? Eh bien pas grand-chose. On écoute essentiellement ses voisins parler de cinéma. Alors soit on se fait royalement chier ("j'ai adoré Amélie Poulain"), soit on enrage ("Le dernier Ferrara ? Je me suis cassé au bout d'un quart d'heure"), seul dans son coin, en faisant semblant d'être absorbé par la lecture de n'importe quel quotidien du festival. Et c'est là qu'on se fait jeter à quelques mètres de l'arrivée, comme c'était le cas, aujourd'hui, pour 'R-Xmas (que nous avons tout de même réussi à voir). Voilà, c'est tout. On vous avait prévenus : à question débile, réponse ad hoc. A demain pour la suite des réjouissances...Yann Gonzalez
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