Chronic'art : Produire un film, c'est un peu prolonger votre histoire d'amour avec le cinéma ?
Agnès b. : Bien sûr. J'ai d'abord produit le film pour le passer dans ma galerie, la Galerie du Jour. J'ai décidé de créer ma société de production, Love Streams, pour être à la base des projets que j'ai envie de soutenir.
Pouvez-nous présenter Louis Jammes ?
Louis est un artiste que je soutiens depuis longtemps. Avant que nous nous rencontrions, il exposait ses photos chez Yvon Lambert. Quand ce dernier n'a pas voulu soutenir son travail sur Sarajevo, Les Anges de Sarajevo, il s'est tourné vers moi. C'est comme ça qu'on s'est connu.
Qu'est-ce qui vous donné envie de soutenir La Trace de Moloktchon ?
C'est un film qui a une raison d'être ethnologique. C'est un document sur une peuplade nomade qui a une forte valeur de témoignage. En plus, c'était un projet assez simple à monter : le dispositif ne nécessitait que deux caméras fixes. Ca a été plus dur pour le montage qui nous a pris six mois !
La sélection du film dans la section "En avant" de la Quinzaine des réalisateurs, ça fait quel effet ?
Je trouve que c'est très courageux de la part de Marie-Pierre Macia, la directrice de la sélection, de présenter un film destiné d'abord à une Galerie d'art. Cela dit, beaucoup de films que j'ai soutenus, comme Peau neuve d'Emilie Deleuze, ont été sélectionnés à Cannes.
Quel sont les oeuvres que vous allez prochainement produire ?
Le film de Louis Jammes nous a beaucoup occupés. Pour l'instant, nous pensons seulement à reprendre nos esprits. On verra après. Je reçois énormément de scénarios mais je ne choisi de m'investir que dans les projets qui me tiennent à coeur...
Propos recueillis par Elysabeth François