| Jeudi 17 mai | Et là-bas quelle heure est-il ? (Compétition officielle) de Tsaï Ming-liang (Taiwan)
avec Lee Kang Cheng, Jean-Pierre Léaud
durée : 1h56 |

Dédié à son père mort en 1992, ainsi qu'à celui de l'acteur Lee Kang Cheng, le dernier film de Tsaï Ming-liang scrute trois personnages plongés dans une totale solitude. Un jeune homme -vendeur de montre ambulant- et sa mère, après la mort du père de famille, vivent leur douleur séparément, ne parviennent pas à la communiquer ni à la partager. Parallèlement, on suit une fille esseulée, qui sous prétexte de tourisme, s'égare à Paris. Le temps, pour Tsaï Ming-liang, est une force qui sépare les êtres : la mort et le décalage horaire entre Taiwan et Paris sont les deux variantes de cette séparation à l'oeuvre tout au long du film. De long plans fixes, d'une lenteur infinie et comme ensommeillée, raconte cette errance immobile. Fidèle à sa méthode, Tsaï Ming-liang brode un film silencieux, tout aussi dépressif que The Hole, mais sans véritable embellie. Pourtant, malgré de vraies trouvailles poétiques, la beauté des images et la justesse du cadre (Benoît Delhomme, chef op' de Tran Ahn Nung impose son talent et prouve à nouveau que la France est un vivier de techniciens talentueux), Et là bas... pourrait passer pour un exercice de forme, vain et poseur. D'une lenteur très calculée, le film, malgré son intensité, n'atteint jamais l'émotion souhaitée. Dénués d'intériorité, les personnages sont toujours sur le point d'avorter. Ce manque explique aussi pourquoi le cinéma de Tsaï Ming-liang semble faire du sur place, ayant trouvé une dangereuse stabilité. Ce film, aussi achevé qu'ennuyeux démontre que le cinéaste, s'il touche ici la plénitude de son style, atteint du même coup sa limite. Espérons qu'il saura plus tard nous démentir...
Grégoire Bénabent
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| | Filmographie | The Hole (1999) Last dance (1998) The River (1997) Vive L'Amour (1996) |
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