| Mercredi 16 mai | Mulholland drive (Compétition officielle) de David Lynch (Etats-Unis)
avec Justin Theroux, Naomi Watts, Laura Elena Harring
durée : 2h26 |

Attendu comme le Messie, le nouveau film de David Lynch est sans conteste l'événement du Festival. Il y avait donc foule hier pour assister à la première projection réservée à la presse. Nombreux furent d'ailleurs ceux qui n'eurent pas la chance de passer la barrière pour accéder à la salle. A l'intérieur, l'ambiance fut très chaude avec un public acquis d'avance à la cause du sieur Lynch et de suite conquis par les premières images du film.
On avait quitté un Lynch épuré et presque serein avec Une Histoire vraie, c'est le démiurge halluciné de Lost highway et Twin Peaks que l'on retrouve avec Mulholland drive. L'histoire de la rencontre entre deux jeunes femmes, une brune et une blonde, à Los Angeles. Après les amantes-amies de La Répétition de Catherine Corsini, la mère et la fille de La Pianiste de Michael Haneke, les amours féminines sont décidément à l'honneur cette année à Cannes. Pour nous raconter la relation un brin torturée qui unit ses héroïnes, le cinéaste utilise une nouvelle fois la force visuelle des effets plastiques (notamment l'usage magnifique des surimpressions) et nous perd dans un récit dont les digressions labyrinthiques n'ont rien à envier à celles de Lost highway. Comme dans ce dernier, il y est encore question de schizophrénie et de doubles (les deux actrices comme un écho lointain au personnage de Patricia Arquette).
Mulholland drive signe le retour en grande forme du cinéaste bien décidé à continuer à explorer notre subconscient. Si les tenants et les aboutissants de l'histoire sont des plus obscures (plusieurs visions seront nécessaires avant de pouvoir esquisser une piste logique), Mulholland drive fait partie de ces films dont les enjeux formels sont tellement passionnants qu'ils nous font oublier un récit qui peut paraître à première vue étanche. Du grand Lynch et une mention spéciale pour les deux actrices vraiment impressionnantes (un possible double prix d'interprétation ?).
Elysabeth François
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