| Dimanche 13 mai | The Man who wasn't there (Compétition officielle) de Joel Coen (Etats-Unis)
avec Billy Bob Thornton, Frances McDormand, James Gandolfini
durée : 1h56 |

Déjà présents l'an passé en Compétition officielle avec O Brother, les frères Coen font partie de ces cinéastes choyés par Cannes qui ne manque pas de les inviter chaque fois que l'occasion de présente. Samedi matin, les frères Coen ont hypnotisé le public venu nombreux assister à la première projection de The Man who wasn't there à… 8h30 ! Les courageux n'ont pas été déçus.
Comme d'habitude, The Man who wasn't there est réalisé par Joel Coen sur un scénario co-écrit avec son frère Ethan qui produit aussi le film. On ne change pas une méthode qui a fait ses preuves. Inspiré des histoires criminelles de l'écrivain James M.Cain, le long métrage des Coen se déroule dans les années 40 et raconte la lente dérive d'un coiffeur qui a tué le patron de sa femme, soupçonné d'être l'amant de cette dernière. Cette sombre histoire d'adultère se transforme chez les Coen en quête existentialiste à travers le curieux personnage du coiffeur dont la voix off relate les pensées. Héros passif, en retrait de la vie, Ed Crane se laisse presque porter par les événements. Il commet d'ailleurs le meurtre en état de légitime défense. Lorsque sa femme est accusée dudit meurtre, il ne se dénonce pas non plus. Beaucoup plus ambitieux que O brother, The Man who wasn't there est peut être l'un des meilleurs films des frères Coen et constitue une étape sans doute décisive dans leur filmographie. Après les sympathiques comédies un rien fainéantes O Brother et The Big Lebowki, et sans renouer non plus avec les tics formalistes de Barton Fink ou Le Grand saut, le nouveau long métrage des Coen semble convoquer le meilleur de leur cinéma. Tourné dans un très beau noir et blanc, The Man who wasn't there est sous tendu par un récit tout en douceur qui joue constamment sur l'inattendu. Avec ce film, Joel et Ethan Coen font preuve d'une profondeur qui faisait défaut à leurs deux derniers opus. Sans conteste, l'un des premiers favoris pour la palme…
Elysabeth François
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