La genèse de Martha... Martha
"Il y avait au départ l'envie de raconter l'histoire d'un couple et d'une enfant avec une relation mère-fille pas évidente et un père qui servirait de contrepoint rassurant. L'idée était de montrer une fillette malmenée par une mère encore perturbée par un trauma passé. Martha...Martha montre comme la douleur peut se transmettre de génération en génération".
Le travail avec les enfants
"J'essaie d'avoir un regard sur les enfants exempt de toute mièvrerie. J'aime bien travailler avec eux parce qu'il y a une générosité et une innocence très forte. Ma façon de les filmer consiste surtout à les observer avant le tournage. Je n'invente rien, je ne fais qu'observer. En aucun cas je ne les utilise ou ne les manipule à leur insu. Ma relation avec eux passe par la confiance."
Martha...Martha et les précédents films de la cinéaste
"Je n'ai pas cherché avec Martha... Martha à renouer avec le réalisme terrien de Y aura-t-il de la neige à Noël ?. Je pense plutôt qu'il s'agit d'un mélange entre l'univers très réel de ce film et la dimension fantasmatique très forte de Victor pendant qu'il est trop tard. J'aime beaucoup tout ce qui est de l'ordre du rêve. Je ne vois pas pourquoi je m'en priverais. Il y a d'ailleurs une scène de rêve dans le film qui est le cauchemar de Lise."
Après Martha... Martha
En voyant Martha... Martha et même en travaillant dessus, j'ai eu le sentiment d'être arrivée à la fin d'un cycle. Comme si je bouclais une trilogie. Je me suis aperçue que mes trois longs métrages évoquaient chacun un élément. Y aura-t-il de la neige à Noël ? c'est la terre, Victor c'est l'air et Martha, l'eau. Maintenant j'ai envie de passer à quelque chose de radicalement différent. Je me sens prête à aborder un film de genre.
Propos recueillis par Elysabeth François