Vendredi 18 mai

Desert moon (Compétition officielle)
de Shinji Aoyama (Japon)
avec Mikami Hiroshi, Toyota Maho, Kashiwabara Shuji
durée : 2h08

Déjà en Compétition officielle l'an dernier avec le magnifique Eureka, Shinji Aoyama concourt une nouvelle fois pour la Palme d'or avec son nouveau film "Desert moon". Adepte des durées longues, -son dernier opus durait pas moins de 3h37-, le cinéaste japonais évoque pendant plus de deux heures les errements d'une famille sur le point de se décomposer. Nagai est un chef d'entreprise dont la start-up est en train de faire faillite. Il noie son chagrin dans l'alcool et délaisse de plus en plus sa famille. Akira, sa femme, emmène leur fille à la campagne dans la maison de son enfance afin de retrouver un peu de sérénité. Entre temps, elle fait la connaissance de Keechie, un jeune prostitué en rébellion contre la société.
Aoayama suit la dérive de chaque personnage qui tente de trouver une issue à son mal être. Moins réussi qu'"Eureka", "Desert moon" dresse un constat assez plombant de la difficulté à fonder une famille à notre époque. Dialogues explicatifs et parfois assez vains, réalisation statique, on est loin de la rigueur formelle d'Eureka. Difficile alors de se passionner pour cette histoire didactique qui oppose capitalisme et bien-être, individualisme et famille.

Elysabeth François

The Center of the world (Hors compétition)
de Wayne Wang (Etats-Unis)
avec Molly Parker, Peter Sarsgaard, Carla Gugino

Si l'on n'a jamais rien attendu du cinéma de Wayne Wang, "The Center of the world" suscitait notre curiosité. Et cela pour une seule raison, très contestable : la rumeur, qui annonçait le film comme un objet sulfureux et méga hot. Crédules, on s'imaginait déjà avec la gaule, aussi frétillants que devant un bon porno, l'alibi culturel en plus. Hélas, comme souvent chez les auteurs qui se la pètent pornographes (cf. Breillat ou Chéreau), la chair s'avère d'une tristesse et d'un ennui mortels. Tourmenté par sa bonne conscience de citoyen US, Wayne Wang ne montre rien de son histoire de cul, celle qui lie un jeune et richissime accro de l'informatique à une jolie strip-teaseuse payée dix mille dollars pour satisfaire les perversions du Monsieur. L'accord est d'ailleurs plus drastique que prévu, puisque la demoiselle refuse de niquer avec son client ou même de l'embrasser, ce qui signifie, pour nous autres spectateurs, qu'on va s'emmerder grave. Bingo : en-dehors d'une Chupa Chups gobée sans trucages par une chatte bien mouillée, "The Center of the world" n'étonnera que les érotomanes pubères ou séniles, prêts à lâcher la sauce au moindre pincement de téton aperçu sur l'écran.

Yann Gonzalez

La Chambre des officiers (Compétition officielle)
de François Dupeyron (France)
avec Eric Caravaca, Denis Podalydès, Gregori Derangère, Sabine Azéma
durée : 2h15

Dernier film français de la Compétition officielle, "La Chambre des officiers" fait un peu tâche dans une sélection plutôt exigeante cette année. De facture très classique, le long métrage de François Dupeyron à qui l'on doit déjà le médiocre C'est quoi la vie ?, est loin, très loin, des oeuvres avant gardistes d'un Rivette ou d'un Godard. C'est donc sans surprise que l'on suit le récit proposé par le réalisateur. Au tout début de la guerre 14-18, Adrien, un jeune lieutenant, reçoit les éclats d'un obus qui le laissent complètement défiguré. Il intègre la chambre des officiers dans un hôpital militaire où un chirurgien va tenter de réduire la monstruosité de ses plaies. Adrien fait alors la connaissance des autres "gueules cassées" avec qui il noue une amitié profonde. Empruntant son système de voix off au film de Dalton Trumbo, "Johny s'en va en guerre", "La Chambre des officiers" se transforme par la suite en une fable plutôt bon enfant dans laquelle on apprend qu'il faut garder le moral malgré les épreuves que nous réserve la vie. Une leçon édifiante dont on se serait bien passé.

Elysabeth François
 


Human nature
de Michel Gondry
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18/19.05.01
Semaine de la critique : le palmarès
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