Dimanche 13 mai

Je rentre à la maison (Compétition officielle)
de Manoel de Oliveira (Portugal)
avec Michel Piccoli, Antoine Chappey, John Malkovich

"Je rentre à la maison", comme le tout récent Parole et utopie, s'attache à faire entendre une voix proche de l'extinction. La première scène nous montre le héros, Gilbert Vincent (Michel Piccoli) un acteur avançant dans l'âge, déclamant une longue tirade emphatique et grotesque du "Roi se meurt" de Ionesco. Dans les coulisses, on l'attend pour lui annoncer la mort de sa femme et de sa fille dans un accident de voiture. Le deuil, pourtant, n'est pas le sujet du film d'Oliveira. La vieillesse de Gilbert, son retrait forcé de la vie et du métier (on lui propose un téléfilm qu'il refuse pour jouer Shakespeare, puis une adaptation de l'"Ulysse" de Joyce) forment la trame du film. Oliveira contemple son héros, s'efforce de le regarder vivre, le filme comme au temps du muet : nombreuses sont les situations où une vitrine nous sépare du héros, évitant d'entendre un dialogue superflu. Ce sont des gestes, anodins et drôles, des bruits de la ville -Paris, magnifiquement filmé- qui forment le contrepoint des séquences sur scène. Moins austère que ses récents films, tout en étant plus dépouillé encore, "Je rentre à la maison" est un film libre et beau, dans lequel le cinéaste parvient à inscrire ses intuitions métaphysiques avec simplicité, en nous restant très familier.

Grégoire Bénabent

Slogans (Quinzaine des réalisateurs)
de Gjerjj Xhuvani (France-Albanie
avec Arthur Gorishti, Luiza Xhuvani, Agim Qirjaqi
durée : 1h30

Premier film albanais à faire partie de la sélection de la Quinzaine des réalisateurs, "Slogans" met en scène l'arrivée d'André, un jeune professeur de biologie, qui prend ses nouvelles fonctions dans l'école d'un village reculé. Il y découvre alors les pratiques "politiques" imposées par le comité du Parti : plusieurs fois dans l'année, chaque classe doit écrire avec des pierres un slogan en faveur du gouvernement sur les versants des collines. Plus on a la confiance du Parti, plus le slogan est court et moins la corvée est fatiguante. Ces devoirs rythment la vie du village. La paranoïa règne cependant au sein de la communauté où les autorités entretiennent un climat malsain. Tout le monde s'épie et est prêt à dénoncer son voisin pour prouver son attachement au Parti. Avec "Slogans", Xhuvani entend dénoncer l'absurdité de la dictature albanaise des années 70. Dommage que son discours soit plus didactique que poétique.

Elysabeth François

Unloved (Semaine de la critique)
de Manda Kunitoshi (Japon)
avec Moriguchi Yoko, Nakamura Toru, Matsuoka Shunsuke
durée : 1h57

"Unloved" est l'une des rares bonnes surprises (avec Le Pornographe) réservée cette année par la sélection de la Semaine de la critique. Réalisé par l'ex assistant de Kiyoshi Kurosawa, le film suit la vie de Mitsuko, une jeune fille pas comme les autres. Satisfaite de son modeste mode de vie, Mitsuko n'est aucunement animée par l'ambition. Ce qui, au pays de la compétition forcenée, passe presque pour un crime. Elle refuse les avances d'un brillant cadre qui l'habille en Calvin Klein et l'emmène dans des restaurants chics pour se jeter dans les bras de son voisin du dessous, un jeune slacker qui gratouille mollement de la guitare. Dans un style proche du film de Nobuhiro Suwa, M/other, "Unloved" se déroule en huis clos et est presqu'entièrement composé de longs plans séquence. On admirera la virtuosité du système même s'il souffre quand même de quelques longueurs. A noter également la superbe photographie du film explorant avec subtilité la gamme des sombres.

Elysabeth François

Boli shaonu / Glass tears (Quinzaine des réalisateurs)
de Lai Miu-suet (Hong Kong)
avec Zeny Kwok, Law Lit, Chui Tien-you
durée : 1h36

On attendait beaucoup du seul film en provenance de Hong Kong présent à la Quinzaine cette année. On est alors forcément très déçu face au maniérisme un peu vain de "Glass tears", premier long métrage de la jeune cinéaste Lai Miu-suet. Si le film commence sous de bonnes augures : récit elliptique et dynamique, ton décalé, jeunes acteurs photogéniques, on déchante vite à mesure que la réalisatrice sombre dans la redite et la symbolique empesée. Wu, un ex-policier débarque à Hong Kong pour tenter de retrouver Ah Cho, sa petite-fille, qui a fait une fugue. Il entre alors en contact avec une amie de celle-ci, une jeune rebelle qui va lui mener la vie dure. Collant aux basques de l'adolescente dans l'espoir qu'elle l'amène à Ah Cho, le vieux flic devra supporter les sorties en boîte, les space-cakes de la demoiselle, son petit copain et ses crises d'ado désoeuvrée. Comme par hasard, c'est quand le groupe décide d'abandonner les recherches, que la disparue réapparaît...

Elysabeth François
 


The Man who wasn't there
de Joel Coen
Le site officiel du 54e Festival de Cannes



12/13.05.01
Les lofstoriens, vraies stars du Festival
Apocalypse now en plein air
Parce qu'elles le valent bien


Mercredi 9 mai
Jeudi 10 mai
Vendredi 11 mai
Samedi 12 mai
Dimanche 13 mai
Lundi 14 mai
Mardi 15 mai
Mercredi 16 mai
Jeudi 17 mai
Vendredi 18 mai
Samedi 19 mai
Dimanche 20 mai


SELECTION OFFICIELLE
En compétition
Hors compétition
Scéances spéciales
SELECTIONS PARALLELES
Un Certain regard
Quinzaine des réalisateurs
La Semaine de la critique
JURYS
Les membres jury par jury