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[26.05.08]

Pas facile, ce tout dernier post depuis Paris, au sortir du train entré en gare de Lyon à 0h20, pas envie de conclure, pas envie de rentrer. Le palmarès, quand même, il faut bien en dire deux mots. C'est ballot : au final, j'ai quand même réussi à passer à côté 1- de la Palme 2- du Grand prix 3- du prix de la mise en scène. Foutues projos de 8h30.
Palme d'or : Entre les murs, de Laurent Cantet. Pas vu, donc. Echos : très bien. Première palme française depuis Pialat en 1987 - tandis que Sébastien Tellier se vautrait à l'Eurovision.
Grand prix: Gomorra, de Matteo Garrone. Idem. Echos : partagés.
Prix de la mise en scène : Les Trois singes, de Nuri Bilge-Ceylan. Tout pareil, un peu de tout dans les impressions recueillies cette semaine sur le film.
Prix du jury : Il Divo, de Paolo Sorrentino. Bof. En même temps, quoi qu'on pense du film (cf. le post du 24/05), on ne peut pas nier que se joue ici quelque chose de foncièrement contemporain. Frémeaux, paraît-il, a bataillé jusqu'au bout pour imposer Sorrentino dans la compét'.
Prix du 61e Festival : Catherine Deneuve et Clint Eastwood pour l'ensemble de leur carrière. Qui ça ?
Prix d'interprétation masculine : Benicio Del Toro dans Che, de Steven Soderbergh. Re-bof. Bel effort pileux, c'est sûr. A part ça ? Pas grand chose. Joaquin Phoenix, immense dans le Gray, le méritait sans doute mille fois plus.
Prix d'interprétation féminine : Sandra Corveloni dans Linha de passe, de Walter salles et Daniela Thomas. Pas vu non plus. Bravo quand même.
Prix du scénario : Le Silence de Lorna, de Jean-Pierre et Luc Dardenne. Oui, d'accord.
Caméra d'or : Hunger, de Steve McQueen. C'était prévisible, et c'est amplement mérité.
Festival en demi-teinte, écrivait avant-hier Jean-Philippe. Sûrement. Un temps pourri, une sélection honnête mais sans grand frisson (quoique, le Gray...). Quand même, là, tout de suite, on reprendrait bien un peu de rab'. Vu d'ici, loin de tout ça, rincé mais heureux, tout se mélange déjà. Sauvons quelques trucs :
De beaux films, dont on reparlera : Dernier maquis, Le Silence de Lorna, Hunger, Delta, Valse avec Bashir... Et puis, surtout Two lovers.
De belles fêtes. La Palme à la soirée Garrel à la villa de Mai. Mention spéciale aux quarante ans de la Quinzaine, villa Rotschild.
Un regret, parmi d'autres : avoir loupé le Albert Serra, Le Chant des oiseaux, qui avait l'air fabuleux. On le rattrapera à l'occasion de la reprise des films de la Quinzaine, du 28 mai au 3 juin prochain au Cinéma des Cinéastes à Paris.
Un dialogue, entre autres. Moins rigolo que celui consigné par Jean-Philippe hier (pioché dans Eldorado, de Bouli Lanners), et tiré d'un échange entre le frère et la soeur de Delta, du hongrois Kornél Mundruczo : Elle : « Il m'est arrivé de rester un an sans manger » / Lui : « pourquoi ? » / Elle : « Je n'avais pas faim »
Un SMS, tout au bout: « Tellier 19e à l'Eurovision !!! »
Un grand moment : l'interview avec Jean-Philippe de Tom Friedkin. On en reparle dans Chronicart #46 (en kiosque samedi 31 mai 2008).
Et puis, en vrac : Wenders en t-shirt Mickey, le trafic d'ivoire de mammouths, un pic à glace, une villa rose bonbon, des litres d'Evian, je vais reprendre un café, non deux, les larmes de Joaquin Phoenix, la moustache d'Albert Serra, y a plus de champagne ?, un polaroïd, un ragondin, le demi-frère d'Oussama Ben Laden, un carrelage, un smack à Olivier Père, tu vas réussir à choper des invits ?, un infarctus, une phlébite.
Rideau.
61e Festival de Cannes