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[21.05.07]

Journée Quinzaine. Il y a toujours une ou deux stars qui traînent dans la sélection projetée au théâtre du Noga Hilton. Julianne Moore (Savage grace) et Catherine Deneuve (Après lui) cette année, Chloé Sevigny, Kevin Bacon ou Matt Dillon pour les éditions précédentes. Mais la Quinzaine n'a pas vocation à les braconner les people, en tout cas leur présence dans un film est censée être le dernier des critères de sélection. C'est aussi pourquoi cette sélection est plaisante (bien que le cru 2007 semble légèrement moins riche que les précédents), parce qu'on y voit beaucoup de visages inconnus, cinéastes, acteurs, producteurs souvent étonnés d'être là, pas du tout blasés. On n'oubliera pas ce Colombien, l'un des producteurs de PVC-1 (projeté la semaine prochaine), armoire à glace portant casquette de guérillero, sangloter d'émotion à son arrivée sur la Croisette. Ce vendredi, le programme était particulièrement hétérogène, avec les projections de trois premiers films : Garage, de l'Irlandais Lenny Abrahamson, Tout est pardonné de la Française Mia Hansen-Love et Dai nipponjin du Japonais Hitosi Matumoto. Il y avait donc une superstar parmi ces trois débutants, qui occasionna un déploiement médiatique rarement vu à la Quinzaine. Qui ? Hitosi Matumoto, vedette comique de la télé nippone,plus célèbre encore que Kitano, lequel, murmure-t-on, est un peu vert que son film à lui n'ait pas été retenu à Cannes, tandis que son concurrent triomphe. Des Japonais nous confiaient que le pays se contrefichait de la présence de Naomi Kawase en compétition, tandis que la présentation de Dai nippojin tournait à l'événement national. Pour rien, d'ailleurs. Déjà, Matumoto semble arrivé à Cannes en terrain conquis : « Vous n'avez jamais vu un film comme celui-là, tout cinéphiles que vous êtes, vous ne l'oublierez jamais », clamait-il sur scène. Certes, on n'avait jamais vu un film comme Dai nippojin, par contre on a vu les émissions de télé des Inconnus, donc on n'est pas trop ignares non plus. Dai nippojin en effet ne vaut guère plus : une émission de télé-réalité suit un type qui s'avère au bout de vingt minutes de film être un super-héros, à la faveur d'une scène de combat il est vrai hilarante avec un monstre à mèche chouinard. Avant, après ce combat, des interviews chiantissimes font du film un long, très long sketch répétitif et ennuyeux. Matumoto dans son introduction précisait que notre nouveau président aimerait beaucoup son film ; hé bien nous, non. Accueil timide à la fin de la projection de ce non-événement.