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28/05/06
Palmarès
Le palmarès (le vrai) :
- Palme d'Or : Le Vent se lève, de Ken Loach
- Grand Prix : Flandres, de Bruno Dumont
- Prix du scénario : Volver, de Pedro Almodovar
- Prix de la mise en scène : Babel, d'Alejandro González Iñárritu
- Prix d'interprétation masculine : les acteurs d'Indigènes, de Rachid Bouchareb
- Prix d'interprétation féminine : les actrices de Volver, de Pedro Almodovar
- Prix du Jury : Red road, de Andrea Arnold
- Palme d'Or du court métrage : Sniffer, de Bobbie Peers
- Caméra d'Or : 12:08 à l'est de Bucarest, de Corneliu Porumboiu
Cannes 2006 est désormais terminé, c'est officiel. On en parlera encore un peu cette semaine, et puis plus rien. Commentaire du palmarès ? Allons-y : ni JS ni moi n'avons vu le film de Ken Loach, vainqueur surprise. Vu de loin, donc, ce choix paraît consensuel, mou, alors que Ken Loach est censé être un cinéaste rebelle, pas content, révolté. On n'a rien contre lui, qui a fait quelques beaux films et beaucoup d'autres passables, mais ce n'est certainement pas un cinéaste qui, aujourd'hui, nous fait rêver. Certes, la compétition était particulièrement faible cette année et Wong Kar-wai a précisé que la décision de son jury avait été unanime. On peine à le croire, d'autant qu'il a été aperçu à la fin de la projection de Jeunesse, en avant ! de Pedro Costa applaudissant à tout rompre en compagnie de Elia Suleiman. Un prix pour Costa, peut-être pas la Palme, mais un Prix du Jury (comme pour Tropical malady il y a deux ans), voilà qui eut été audacieux, pour le film le plus audacieux de la compétition, et pour Costa, à qui une récompense aurait été plus profitable qu'à des cinéastes installés comme Loach ou Almodovar. Ce dernier semblait plus triste et mélancolique que jamais pendant la cérémonie, lui qui pourtant a reçu deux prix, sans doute pas ceux dont il rêvait. Certes, le prix d'interprétation célébrait les retrouvailles entre le cinéaste et Carmen Maura, qui s'étaient longtemps éloignés l'un de l'autre. Mais remettre à Almodovar un prix d'interprétation collectif pour ses actrices, c'est un peu comme remettre le prix du meilleur film de suspens à Hitchcock. Difficile de faire plus évident, plus inévitable, plus décevant sans doute pour le réalisateur de Volver. Un peu prévisible aussi, le prix d'interprétation masculine pour les acteurs d'Indigènes de Rachid Bouchareb. On entend déjà les pompeuses considérations qui ne manqueront pas de voir tout-un-symbole dans cette récompense, plutôt rafraîchissante en effet. En les attendant, réjouissons-nous, même si le film est plutôt faible, de la reconnaissance obtenue par deux de nos meilleurs comédiens, Sami Bouajila et Roschdy Zem. Red road Prix du Jury, bof, petit film. La mise en scène pour Iñárritu (Babel) : on n'a pas vu le film, mais si l'on se réfère à son précédent, 21 grammes, ça fait peur (sur le registre fausse valeur absolue et poudre au yeux). Grand prix pour Dumont (Flandres), ça peut se défendre, s'il y a des fans - on l'a déjà dit, le film n'offre que la signature Dumont pendant ses deux tiers, tandis que l'épisode à la guerre, on aime ou pas, mais ce n'est pas rien. On est content par contre de la Caméra d'or décernée à Corneliu Porumboiu, le réalisateur de A fost sau n-a fost ? (littéralement "Y a-t-il eu ou pas ?", mais baptisé "12h08 à l'est de Bucarest", en VF), un premier film brillant et drôle que nous avons beaucoup aimé, qui commence comme un film roumain et se poursuit comme un sketch des Inconnus. Bon, au lit. Jean-Philippe Tessé
Bouhhh... quel palmarès ! Pas grand chose à en dire, pas vu le Ken Loach (qui aux dires des festivaliers est un bon cru), mais que tout cela dégage une impression consensuelle... Rien au Pedro Costa c'est ahurissant, mais on est désormais habitué : rarement les oeuvres exigeantes et / ou novatrices (qui exigent un effort de la part du spectateur) sont récompensées, la fatigue de sens étant la pathologie cannoise la mieux partagée (quelle idée aussi de passer le Costa en fin de festival !?)... Remember Wong Kar-wai qui lui-même n'avait rien eu avec son 2046. Le Palmarès cannois, à l'exception de quelques saillies bien senties (l'année Cronenberg qui avait récompensé Rosetta ou l'année Adjani qui voyait Kiarostami et Imamura partager la Palme), prend rarement des risques. Sans doute cela tient-il à la composition souvent hétérogène du jury : quoi de commun entre Patrice Leconte et Wong Kar-wai ? Peut-être aussi que la pente naturelle des cinéastes Présidents du Jury, c'est de choisir des oeuvres aux antipodes de leur propre cinéma (et là encore, quoi de commun entre WKW et Ken Loach ?). Du coup, il est vrai que des oeuvres aussi bizarres que Jeunesse, en avant ! ou Southand tales (et dans une moinde mesure le film d'Almodovar), avec leurs cadres très composés, leurs circonvolutions multiples, leur étrange menée du récit, risquaient de repartir bredouilles. Les faiblesses adolescentes de Southland tales, comme la radicalité de Jeunesse, en avant ! leur auront sans doute été fatales. Le Grand Prix du jury à Dumont, c'est peut-être la touche la plus audacieuse. Même si je ne suis pas un grand fan du film, il faut reconnaître à Dumont de faire de vraies propositions de cinéma. Sinon, Caméra d'Or à Corneliu Porumboiu (A Fost Sau N-A Fost ?, dont le titre est désormais 12h08 à l'est de Bucarest), c'est plutôt une bonne nouvelle. Jean-Sébastien Chauvin
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