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sur 5

La galaxie Jodorowsky s’agrandit. Une nouvelle planète est née de l’imagination débordante du père de l’Incal. Le monde de Megalex est une « cité-planète » où « les lois naturelles sont proscrites ». Les habitants sont des produits issus d’une manipulation génétique, et sont programmés pour vivre un laps de temps défini. Il y a les policiers, bataillon de clones répondant au nom de « Tçoas », qui assurent le maintien de l’ordre et se battent contre les attaques extérieures ; ceux-là ont une durée de vie de 400 jours. Le dernier jour, ils implosent . Pour le citoyen moyen, son passage sur Megalex est de 40 ans. On raconte que la famille royale vivrait pas moins de 4000 ans… La machine a l’air bien huilée, tout est programmé pour que la reine Maera règne sans la moindre contrariété et pour que sa fille Kavatah, générale en chef des armées, continue à exercer ses charmes sur les clones dociles. Mais, comme dans toute société un peu trop organisée, les grains de sable ne tardent pas à enrayer le mécanisme, et on devine que le cœur de la belle Megalex renferme un formidable monde labyrinthique et souterrain, nommé Chem, dans lequel les conspirations et les révolutions se trament et échouent, jusqu’au jour où…

Les opposants sont-ils nombreux ? Sont-ils très organisés ? Ce premier épisode nous laisse entrevoir un monde parallèle, mais il s’applique surtout à poser le décor et à nous faire visiter le Megalex officiel. L’autre grain de sable, c’est L’Anomalie. Un clone-policier géant qui est passé entre les mailles du filet, alors qu’il aurait dû être détruit au moment même où il sortait de la machine…

Jodorowsky et Beltran nous mettent l’eau à la bouche, car l’intrigue démarre en toute fin de volume, et on aimerait en savoir très vite davantage sur la superbe Adama. Le grand choc, c’est Fred Beltran qui nous le donne. Sa démarche est assez vertigineuse… créer une BD exclusivement sur ordinateur. Son talent est incontestable : il construit un décor complet, dessine des personnages en 2D avec le crayon et en 3D avec le stylet ; il reproduit des matières et des textures qu’il intègre dans son décor et sur ses personnages. A partir du scénario de Jodorowsky, il agit comme un cinéaste, choisit les meilleurs plans, le nombre de personnages et de figurants, l’éclairage et les couleurs qui vont créer la meilleure ambiance. Le résultat est assez étonnant. Megalex est née.

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