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© Les Éditions Réticulaires, 1997-2007
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Même s'il s'agit au bout du compte de refaire le même film, "Le Silence de Lorna" amorce un léger virage dans le style hyper défini de Jean-Pierre et Luc Dardenne, une manière de se poser et de regarder qui rompt avec les pures fabriques d'énergie auxquelles la fratrie nous avait habitué depuis "La Promesse".
Une nouvelle bouillie signée Apatow qui nourrit vraiment son bonhomme de spectateur grâce à l'ambition du sujet (le conflit israélo-palestinien) et à l'agressivité de son traitement (la logique de la débilité).
Aujourd'hui objet de railleries à cause de procès à répétitions, ce coffret Brisseau vient rappeler à quel point le cinéaste de "Noce blanche" est surtout l'un des personnages les plus importants du cinéma français de ces trente dernières années.
Mike Leigh, qui opte ici pour le retour des héros positifs, surprend avec ce film gentil, très gentil, sans doute un peu trop, lui qui a plutôt donné jusqu'alors dans le drame bien sinistre comme il faut.
Le rappeur-producteur connecté du moment se nomme Roi Heenok. Avec un buzz démarré en trombe en 2003 sur Internet, le Roi québécois renouvelle profondément les formes d'investigation de la langue française via son "rap mongol" et ses armes de propagande verbalement désaxées.
Une comédie romantique américaine de série, bien écrite, bien jouée, bien réalisée, une eau de rose nommée "Rêve d'équilibre" mais qui ne fait pas tellement rêver.
Du 6 au 16 août 2008 se tenait la 61e édition du Festival du film de Locarno. Chronic'art y était (un peu), a vu des films (un peu). Anti-bilan et nouvelles prises de quelques cinéastes précieux.
Dans le sillage de Stephen Chow qui avait transformé nos bons vieux terrains de foot en tatamis de la déconne ("Shaolin soccer"), Kevin Chu s'attaque aux parquets avec la fureur de vaincre. Pour rien, hélas.
La technique était simple. Il suffisait de les monter les uns contre les autres. Avec un peu d'expérience, on acquiert vite la certitude qu'une seule espèce est de loin une fausse hypothèse. "L'Ere de rien", on recommence.
Il semblerait bien qu'Anne Fontaine ait revu ses ambitions à la baisse. Après le consternant "Nathalie..." et l'étrange "Entre ses mains", elle s'en retourne à la petite comédie télévisuelle décharnée, dans la lignée d'une Tonie Marshall pour bobos cinquantenaires.
Fantasme kassovitzien depuis la nuit des temps, "Babylon A.D.", road movie apocalyptique sur fond de redécoupage du monde et du mythe de l'homme nouveau (en fait, adaptation du "Babylon babies" de Dantec), voit enfin le jour. Dommage, c'est raté.
Un mois à peine après la sortie de "Night and day", suite de l'été Hong Sang-soo avec "Woman on the beach", réalisé un an auparavant, et qui se déroule, lui, dans une station balnéaire déserte, un peu froide, durassienne.
Jeu de combat polymorphe, "Super smash bros. brawl" est arrivé sur Wii pendant l'été. Sa principale innovation : un mode aventure en forme d'épopée chorale. Epique, improbable et réflexive, elle ouvre la voie et inaugure un genre hybride, l'"action figure hero adventure game".
Double chronique : "Visiter" de The Dodos, le duo tout en plumes de San Francisco qui n'a rien d'une espèce en voie de disparition, et "At Mount Zoomer" des montréalais de Wolf Parade, qui naviguent entre power-pop indé et glam rénové.
S'il court encore après son passé, le cinéma italien continue de livrer assez régulièrement des films plus que réjouissants. Gomorra est de ceux-là, et ce malgré un package cannois plutôt pesant.
Adoubé à la seule vue de "Wolf creek", shocker moyen à base de tortures et de bush australien, Greg McLean ne vaut pourtant guère mieux que les newbies qui se bousculent au portillon. Dans le même genre, on se prendrait presque à regretter le nanar "Anaconda".
En relatant alternativement les aventures de Ruth, prof d'éducation sexuelle, et de Tim, ex-musicien alcoolo et divorcé, Tom Perrotta analyse les paradoxes du fait religieux aux Etats-Unis et, surtout, offre une comédie sociale désopilante, d'autant plus irrésistible que tout y tourne autour du cul.
Les bonnes dispositions prises par "Batman begins" se confirment en apothéose. Il n'est d'ailleurs pas interdit de voir dans ce second "Batman" version Christopher Nolan le sommet de toute la saga, tant le cinéaste s'approprie la matière mythologique de l'homme-chauve-souris sans une once de second degré.
Premier film du scénariste Pierre Schoeller, où l'on aura reconnu le scénario du "Kid "de Chaplin. Un film volontaire et bancal, mais qui dans chacun de ses choix, y compris les moins convaincants, laisse sourdre une belle résolution et un certain panache.
Peu importe ce que l'écrivain finlandais le plus connu au monde a voulu dire avec ce "Cantique", pour autant d'ailleurs qu'il ait voulu dire quelque chose : l'essentiel est que ce nouveau bijou soit, comme d'habitude, l'un des romans les plus drôles et plaisants qu'on ait lus depuis des mois.
Un pied de nez fortuit (ou pas) fait débarquer en salles le nouveau long-métrage de Jiang Wen une semaine à peine après que le très poli Zhang Yimou ait réglé la mise en scène de la cérémonie d'ouverture des J.O. pékinois.
Dans le calendrier estival des grosses productions hollywoodiennes, "La Momie 3" occupe sans peine la place du blockbuster branquignol, fainéant comme tout, nouille d'un bout à l'autre mais au fond rigolo et sympathique.
Curieux film qui réunit dans une production française mais anglophone Agnès Merlet, une réalisatrice perdue de vue depuis dix ans et deux longs-métrages diversement appréciés, et Carice Van Houten, une comédienne néerlandaise tant aimée dans le "Black book" de Verhoeven.
Médiocre faiseur récemment tombé en disgrâce, Roger Donaldson semblait condamné aux projets foireux, dernière étape avant le cimetière des braves soldats d'Hollywood. Avec "Braquage à l'anglaise", il signe, si ce n'est une résurrection, au moins son meilleur film.
Du "Tricheur", on ne dira jamais assez de bien à propos de son esthétique soignée dans le moindre détail, de la maquette originale en passant par la rigueur de fer des agencements de page ; tout exprime l'obsession maniaque pour l'objet. Seul problème : il n'y a pas vraiment d'histoire...
Si vous n'avez jamais joué à un "MGS", mieux vaut passer votre chemin ; si vous connaissez la série, que vous avez déjà terminé "MGS4", ou si vous n'avez pas l'intention de jouer, cette chronique est pour vous (voir aussi Chronic'art #47).
Drôle de bidule que cette petite parodie de film d'horreur perdue dans une galaxie de la ringardise gauloise où séjournent "Les Charlots contre Dracula", "Frankenstein 90" ou "Dracula père et fils".
Nouveau chapitre de la petite archéologie entamée par Zootrope films sur le terrain de l'érotisme nippon des 60's / 70's. On est loin de la splendeur baroque de Masumura, ou de la radicalité sèche de Wakamatsu, mais de "Fleur secrète", on goûtera au moins les vertus purement historiques.
Jennifer Lynch cherche à tracer un sillon entre une filiation assumée frontalement et des envies palpables de mise en scène, mais qui invariablement renvoient à ladite filiation.
Le tactical-RPG de Square Enix, à déguster sur Nintendo DS, est une boîte à bonbons. Couleurs pétantes, musiques mielleuses, de la belle ouvrage à dire vrai, même si on dénote une certaine affectation pour le flonflon, le ruban et autres kitscheries.
Séisme chez Pixar : avec "WALL.E", l'univers domestique qui inspira au studio ses joyaux annuels tombe en miettes. Ou plutôt en cubes, qu'un petit robot s'acharne à empiler les uns sur les autres en de hauts gratte-ciels sur une terre dévastée.
"X-files regeneration" pose la seule question qui compte, celle qui servit de fil rouge neuf ans durant et qui brûle les lèvres des aficionados depuis bientôt six : où en sont Mulder et Scully ?
On n'avait pas vu groupe aussi authentiquement faux et sainement tordu depuis Ween. Sans doute volontairement post-modernes, usant et abusant des médias, les Flights Of The Conchords ont tout à fait brouillé la distinction entre fantaisie et réalité.
C'est lorsqu'il s'incline l'air de rien dans l'outrance la plus cruelle et la plus cauchemardesque que le film de raig Gillespie se révèle hilarant et vraiment jouissif. Excellente surprise.
Chronic'art #47 en kiosque - débriefing Rolax Acoustic Session 2 au Divan du Monde Maison Neuve à la Flèche d'Or Rock en Seine 2008 Yuksek @ La Péniche Concorde Laptop Release Party à la Flèche d'Or
[29.08.08]